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Comment se passe un ironman?

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Question posée il y a 3 mois dans Evénements par Ocefok
Modifiée il y a 3 mois par Ocefok

Vu de l’intérieur un athlète nous raconte sa course, ses sensations, son ressenti, sur peut être le format de course le plus complet et difficile qui existe, mêlant natation, vélo, et course a pied.

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Réponse apportée il y a 3 mois par Ocefok
Sélectionnée il y a 3 mois par Ocefok

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          A l’arrivée d’un premier Ironman couru en août 2016 à Vichy, il est hors de question que je recommence. Cependant au fur à mesure que le temps passe, on oublie la douleur et l’idée de courir, non pas un nouvel Ironman, mais un extrême Ironman s’insinue lentement dans ma tête. Ainsi, en Janvier 2018, je m’inscris à l’Alpsman à Annecy. Au programme : 3800m de natation, 183km de vélo avec 4400m de D+ et 42km de course à pied avec 1200m de D+ ! Il me reste 5 mois avant la course, en sachant que je m’entraine déjà de manière assez intensive depuis 3 mois. Vendredi 8 juin 2018, un lendemain de concert des cowboys fringants et le jour pour retirer mon dossard et poser le vélo au parc. Mon frère m’accompagne, je prends la température de la future course et ne ressens pas d’appréhension. On dort dans un gîte à une 20aine de km : environ 30 personnes, entre la famille et les amis, ont fait le chemin pour m’encourager. Ca promet !

Coucher à 10h, réveiller à 2h30 grâce au stress. Je suis relativement serein contrairement à l’Ironman précédent. Nuit courte mais reposante. La vielle d’un Ironman, il ne faut pas espérer dormir beaucoup donc l’idéal est de s’être bien reposé les jours précédents. A 3h30, je préviens camarade Popoff, mon chauffeur d’un jour, que je me rendrai au départ avec ma voiture. Etant réveillé largement en avance, j’ai le temps d’y aller par mes propres moyens sans stresser. Arrivé sur place, je dépose quelques affaires au parc à vélo et me rends à proximité du ponton pour attendre le bateau. Le départ de la course se fait au milieu du lac d’Annecy où nous sommes acheminés par bateau. Là, je me rends compte que je n’ai plus mes lunettes de natation : premier coup de stress ! Retour à l’entrée du parc afin de savoir si quelqu’un les a trouvées. On m’informe qu’un coureur les a ramenées à l’embarquement. Je les retrouve quelques minutes plus tard, soulagé. Je dois prendre le deuxième bateau sur lequel je peux uriner une dernière fois avant de me retrouver dans l’eau sur les coups des 5h20. Aligné sur la ligne de départ avec 450 autres coureurs à 5h30 et le départ est donné ! Je « pose ma natation » et me positionne dans les pieds d’un concurrent qui nage au même rythme que moi. Après 1h05, je sors de l’eau frigorifié mais j’ai le sentiment d’avoir bien nagé (je ne connais pas mon temps à ce moment là). Je m’empresse de monter sur le vélo, sans prendre le temps de mettre de crème solaire, pour pédaler et me réchauffer au plus vite. Cette discipline commence par un col hors catégorie : 25 km d’ascension pour 1200 m de D+. Bienvenu au Semnoz ! Il me faudra une petite heure pour me réchauffer et deux heures pour arriver en haut. Bonnes sensations sur cette première difficulté. Ascension du 2ème col, de catégorie 2 (comme les trois suivants), à partir du 60ème km : 12km d’ascension pour 700m de D+. Deuxième coup de stress : pas de jambe ! Je mouline au maximum en me disant que ca va passer. Heureusement, ce col monte régulièrement et ne présente pas de partie très pentue. Je gère donc mon effort et arrive en haut, soulagé en voyant mes supporters. Le 3ème col arrive rapidement et est plus ardu que le précédent : 9km d’ascension pour 700m de D+, avec des portions à plus de 10% sur la fin. Je ne me précipite pas et arrive en haut, toujours attendu par une foule de supporters. A ce moment, je suis dans les temps. J’arrive à maintenir une moyenne de 21-22km, allure qui me permettra de passer le « virage » avant 17h30. Cependant, je sais d’avance que je ne peux rouler plus vite, donc je suis sur le fil du rasoir et me doit de tenir cette vitesse encore 60 à 80km. En haut de chaque col, je me ravitaille et prends le temps de discuter avec la famille et les amis. Lorsque je leur demande s’ils seront là aux 4ème et 5ème cols, qui sont des répétitions respectives des 2ème et 3ème cols, ils me répondent que non. Ils n’auraient pas le temps de venir au début de la course à pied. Cette réponse me fait mal mentalement : « ça va être dur » me dis-je intérieurement. J’attaque le 4ème col sereinement et suis surpris de voir mes proches à son sommet. Ils ont vu mon visage grimacer lorsqu’ils m’ont répondu par la négative au col précédent. Sans eux, ce ne serait pas possible. Ainsi, je pars pour le dernier col et suis remonté à bloc. « J’engouffre » ce dernier aussi vite que possible et ne prends même pas le temps de m’arrêter pour me ravitailler au sommet : je suis à 100% et il ne me reste que 40 km avant de poser le vélo. Cette dernière portion, sensée être roulante, est un peu trop vallonnée à mon goût. Je pose le vélo après 8h30 d’effort. Il me reste 2h30 pour passer le virage. Seuls les coureurs qui passent ce tournant avant 17h30 ont le droit de continuer la course vers le sommet du Semnoz. Ils pourront prétendre au statut de top finisher, contrairement aux autres qui devront se contenter de finir le marathon au bord du lac et seront lake finisher. Le virage se trouve au 24ème km, je dois donc courir à une allure de 10km/h au minimum. La course à pied est la discipline dans laquelle je suis la plus à l’aise et je me sens très bien. J’avale les kilomètres à une moyenne de 12km/h et me rapproche doucement de mon but. A 17h, je passe le virage et fait retentir la fameuse cloche qui m’autorise à continuer en direction du col du Semnoz, pour la 2ème fois de la journée. J’enlace mon frère qui est prêt à courir. Les organisateurs autorisent d’être accompagner sur cette dernière portion de 17km avec 1200m de D+. Après quelques accolades avec mes proches, nous partons avec mon frère où nous courons les quatre premiers kilomètres. Je sais ensuite que le dénivelé sera trop important pour pouvoir courir. Dans ma tête, la course est également finie, j’ai atteint mon but et veux juste profiter de cette dernière partie avec mon frère. Cependant, au fur à mesure du temps, chaque pas devient plus difficile et je deviens fébrile. Mes proches sont toujours là pour nous encourager et lorsque nous les retrouvons à quelques kilomètres de l’arrivée, je suis plus faible que jamais et ne comprends pas : vertige, tremblement, plus de force. Un ravitaillement se trouve à 200m et mon frère m’encourage à y aller pour que je me puisse me poser un peu. Pour la première fois depuis 5h30 du matin, je m’assois et mon frère m’apporte à manger. Je comprends enfin : mon corps réclame du sel. Je réalise que je suis en hyponatrémie et je demande à Adri de m’apporter tout ce qu’il y a de plus salé au ravitaillement : chips, saucisson et tomme. Nous repartons et 15mn plus tard, j’ai retrouvé de la fraicheur et une bonne vitalité. Nous arrivons au sommet vers 21h, après 6h30 de course à pied et 15h30 d’effort au total. Je suis heureux et savoure la bière que l’on me tend.

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